
Pignons à pas de moineaux
et travées brugeoises animent la façade de l’ancien
séminaire épiscopal édifié au
cours du premier quart du XVIIè siècle.
Terre de refuge pour les catholiques persécutés,
Saint-Omer se couvre d’établissements religieux
dans la seconde moitié du XVIè siècle.
Pour répondre à cette poussée protestante,
les religieux audomarois vont se préoccuper de former
des prêtres capables de rivaliser avec les prédicateurs
calvinistes.
Cette mission va être confiée dans un premier
temps aux Jésuites wallons pour disparaître
ensuite, obligeant les futurs prêtres et boursiers
audomarois à se rendre à Douai jusqu’à
ce que l’évêque Jacques Blasoeus
décide, en 1604, de fonder le séminaire épiscopal
ou Collegium Sancti Audomari. Destiné
à accueillir, à l’issue de leurs études
au collège, les élèves voués
à la prêtrise, l’établissement
s’installe naturellement face au collège sur
l’ancienne place de l’Etat.
L’aile nord, prolongée par une chapelle,
s’élève en 1605 suivie en
1623 par l’aile donnant sur la place Maginot
et celle en retour. Le chantier s’achève
en 1625. Disposés en U autour d’une
cour, les bâtiments alignent leurs ouvertures placées
au fond de niches peu profondes sculptées dans la
brique jaune. Ces niches verticales qui rythment la façade
et lui donnent un certain relief, sont appelées des
travées brugeoises du nom de la ville d’où
s’est répandu cette habitude de construire.
L’aile nord arbore un pignon à pas de moineaux
qui ne trouve pas son équivalent sur le pignon sud
coiffé probablement ultérieurement d’un
fronton classique. La brique de sable dont
le bâtiment est paré et l’exploitation
magistrale qui en est faite font de cet ensemble un exemple
tout à fait caractéristique de la
manière de construire à Saint-Omer au XVIIè
siècle. Cette manière est celle de
la Flandre toute proche et plus généralement
celle des anciens Pays-Bas auxquels Saint-Omer était
rattaché avant son annexion définitive
au Royaume de France en 1677.
Cet ancien séminaire constitue aujourd’hui
une annexe du lycée Ribot.
Phot.Inv.
Philippe Dapvril © Inventaire général,
ADAGP.
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