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Entre les riches demeures de la rue Saint-Bertin, l'église
Saint-Denis se signale par sa tour, la plus ancienne conservée
à Saint-Omer
Mise en valeur par l'enclos qui la ceint encore de nos jours,
l'église Saint-Denis est l'une des plus anciennes
paroisses de la ville (XIè s). En façade occidentale,
sa tour unique est un rare témoignage de l'architecture
gothique du XIIIè siècle du nord de la France.
Sa massivité est tempérée par le jeu
des lignes horizontales et verticales qui animent ses quatre
niveaux : cordons en larmier, frise de quatrefeuilles, hautes
et fines arcades ou fenêtres sur chacune de ses faces,
balustrade, tourelle d'angle...
Au
XIVè siècle, on y érigea une flèche
pyramidale en pierre qui accentuait son élancement.
Cependant, en 1705, un ouragan renversa cette flèche
et la croix qui la surmontait, ruinant la nef, les bas-côtés
et les chapelles individuelles. Le chur et les chapelles
orientées datant du XVè siècle furent
épargnés mais leurs voûtes s'effondrèrent.
Seule l'abside du chur conserve une partie de l'ancien
berceau lambrissé qui couvrait tout le sanctuaire.
En avant et dans l'axe de la tour, la nef fut renouvelée
au XVIIIè siècle selon le canevas de la "
hallekerque " ou église halle, sous l'influence
de la Flandre toute proche : la nef ne comporte qu'un seul
niveau d'élévation (les grandes arcades) ;
l'éclairage, indirect, provient des bas-côtés,
presque aussi hauts que le vaisseau central, et des quatre
chapelles individuelles qui s'y ouvrent. La pénombre
qui envahit par instants l'église met en relief ses
volumes intérieurs, où les arcades en plein
cintre de l'époque moderne côtoient harmonieusement
les arcades brisées gothiques.
Siège de nombreuses corporations de métiers
au cours des siècles, l'église Saint-Denis
possède un fort beau mobilier : boiseries, confessionnaux,
autels, retables, chaire et un remarquable buffet d'orgue
de style rocaille, exécuté en 1751 par Antoine
Joseph Piette.
L'église abrite aussi un fragment du tombeau de Guillaume
Fillastre, mort en 1473, provenant de l'abbaye Saint-Bertin.
Il s'agit d'un bas-relief en terre cuite émaillée
d'Andrea Della Robbia représentant la Cène.
Cette uvre est considérée comme la première
sculpture de la Renaissance italienne introduite dans le
nord de la France. Le retable du maître-autel, dédié
à la Trinité, provient de l 'ancien couvent
des Dominicains. Enfin, l'église possède plusieurs
monuments funéraires dont celui réalisé
en albâtre, de François d'Audenfort (XVIè
s).
Phot.Inv.
Philippe Dapvril © Inventaire général,
ADAGP.
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