Aux portes du marais et bordées
par l’Aa, les ruines romantiques de l’abbaye Saint-Bertin
évoquent avec nostalgie l’ancienne splendeur
de cet ensemble qui fut à l’origine de la naissance
de la cité. Fondé par Bertin,
Momelin et Ebertram, moines missionnés par
Omer afin d’évangéliser
cette contrée, le monastère fut le centre
d’une vaste propriété foncière
et constitua avec Saint-Amand et Saint-Vaast d’Arras
l’une des abbayes les plus puissantes du nord du royaume.
La richesse et la beauté de ses bâtiments en
faisaient l’un des monuments les plus prestigieux
de la région. Des fouilles archéologiques
et quelques dessins exécutés au XIXè
siècle permettent de retracer les dispositions architecturales
des églises qui s’y sont succédées.
De l’église romane édifiée à
partir du milieu du XIè siècle subsistent
de beaux chapiteaux et les fragments d’une mosaïque
conservés au musée de l’hôtel
Sandelin.
La maquette de l’église gothique qui s’y
trouve, rend plus tangible cette dernière construction
dont le chantier s’est échelonné
de 1325 à 1520.
D’une
hauteur modeste (25 mètres sous voûtes), l’église
comprenait un vaste sanctuaire en hémicycle desservant
cinq chapelles rayonnantes. Edifié au XIVè
siècle, celui-ci avait servi de modèle
à l’ensemble de l’église dont
la construction ne s’était achevée
qu’au début du XVIè siècle.
L’ensemble présentait donc une grande unité.
Au dessus des grandes arcades courait un triforium
aveugle dont le mur de fond avait été
décoré de figures peintes dans le chœur.
Sur la partie sud de la nef, ce triforium avait été
aménagé en tribunes afin d’accueillir
les hôtes de marque soucieux de ne pas se mêler
au commun des fidèles. Cette tribune donnait accès
au quartier des princes construit au XVè
siècle dans le cloître. Elevée
à l’avant de la nef, la tour,
haute de 48 mètres commandait l’ensemble
du monastère entièrement isolé par
les eaux canalisées de l’Aa.
Ces dispositions furent bouleversées à
partir de 1830 lorsque la municipalité entreprit
la destruction de l’édifice
en épargnant toutefois la tour occidentale
qui s’effondra trois ans
après les bombardements de 1943.
Phot.Inv.
Philippe Dapvril © Inventaire général,
ADAGP.
|