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   Phot.Inv. Philippe Dapvril © Inventaire général, ADAGP.

Construit de 1834 à 1841 par Pierre-Bernard LEFRANC, cet édifice imposant, rythmé de colonnes doriques, abrite un théâtre à l’italienne.

L’Hôtel de ville actuel s’est substitué à l’ancienne halle échevinale, construction composite qui présentait, en ce premier tiers du XIXè siècle, plus de pittoresque que de véritable beauté. A la différence de l’édifice actuel, cette première maison communale se trouvait rattachée à l’ensemble de constructions qui sépare la rue de Dunkerque de la rue de Wissocq. L’emprise de ses bâtiments sur la place ne dépassait pas la limite de la rue des Clouteries.

La Grand’Place occupait donc une surface plus importante encore qu’elle ne l’est aujourd’hui. On accédait à la grande salle de l’ancienne halle échevinale par un escalier à ciel ouvert et à double rampes aboutissant à un palier voûté. Là se trouvait la fameuse bretèche (sorte de tribune haute et suspendue) où étaient proclamées les sentences des accusés qui attendaient sur le pavé de la place, à genoux et la tête découverte, le verdict final. Si l’accusé avait encouru la peine de mort, on sonnait la cloche dite du sang, appendue dans un petit beffroi au dessus de la tribune.

L’état de vétusté du bâtiment, plusieurs fois restauré, ainsi que la construction sur la place d’un nouveau bailliage, siège d’une juridiction rivale (en quelque sorte l’ancêtre des préfectures), motivèrent sa reconstruction dès la fin du XVIIIè siècle.

Le projet, confié dans un premier temps à l’architecte parisien Couture, puis en 1813 au lillois Verly, est cependant ajourné jusqu’à sa réalisation en 1834 sous la direction de l’architecte parisien Pierre-Bernard Lefranc.
Celui-ci avait conçu un monument rectangulaire de plus grandes dimensions qui fut réduit à un volume presque carré suite au jugement du Conseil des Bâtiments civils à Paris qui l’estimait hors de proportion à l’échelle de la ville. Heurtés par la nouvelle silhouette de leur maison communale, les habitants de Saint-Omer le taxèrent du surnom quelque peu railleur de moulin à café.

L’ambition première du projet consistait à regrouper sous un même toit les bureaux de la mairie, des boutiques, un musée, la bibliothèque, la justice de paix, le commissariat, les archives, …et une salle de spectacle. Si l’on abandonna l’idée des boutiques au rez-de-chaussée, toutefois les autres fonctions semblent avoir cohabité dans les premiers temps.

 Phot.Inv. Philippe Dapvril © Inventaire général, ADAGP.La présence du théâtre au cœur de l’Hôtel de ville trouve sa raison d’être dans cette polyvalence originelle du bâtiment. La surprise éprouvée lorsque l’on entre dans le théâtre est d’autant plus grande que son décor, luxuriant, contraste avec l’austérité et le dépouillement néo-classique de la façade. Fermé depuis 1973 pour des raisons de sécurité, ce ravissant théâtre à l’italienne fait l'objet d'un projet de réouverture au sein d'un hôtel de ville transformé en centre culturel.



 Phot.Inv. Philippe Dapvril © Inventaire général, ADAGP.

 

 


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