
Fondation charitable élevée
au XVIIIè siècle grâce à l’action
des évêques Valbelle, l’ancien hôpital
général est une vaste construction de briques
jaunes disposée autour d’une cour carrée.
Conséquence de la politique de Louis
XIV envers les mendiants, l’hôpital
général est à l’origine une
fondation parisienne créée en 1654.
Cette institution tente de remédier à l’afflux
des mendiants, attirés par la charité des
couvents, par l’enfermement et le travail. Devenue
bientôt insuffisante, l’institution
s’étend à tout le royaume suite à
l’édit de 1662 ordonnant que soit
établi un hôpital général dans
toute ville et faubourg du royaume.
A Saint-Omer, c’est à Louis-Alphonse
de Valbelle, deuxième évêque nommé
par Louis XIV, que revient la fondation de l’Hôpital
général en 1702. En
1699, il rachète les bâtiments
de l’ancien collège des Bons
Enfants dont la fondation remontait au XIVè
siècle. La nouvelle construction n’est toutefois
pas entreprise avant 1731, date de l’aile édifiée
en fond de cour à partir des plans de Bernard
Joseph de Neufville, ingénieur du
roi.
Vingt ans plus tard s’élève
l’aile en front de rue toutes deux réunies
vers 1760 par un troisième bâtiment
disposé de manière perpendiculaire.
Cet ensemble monumental exprime avec dignité et retenue
les nouvelles modes architecturales en faveur à Saint-Omer
depuis son rattachement à la couronne de France.
Les Valbelle, véritable dynastie
d’évêques nommés parmi la noblesse
de cour, sont les principaux agents de l’introduction
de cet esprit classique dans l’architecture civile.
La sobriété de l’ordonnancement clair
et régulier des bâtiments sur cour est tempérée
par une décoration sculptée ponctuelle. Les
clefs des fenêtres se transforment en masques de grotesques
tandis que l’avant-corps central de chaque aile est
surmonté d’un fronton où les allégories
de la fortune et de la tempérance encadrent les armes
des évêques fondateurs. L’aile en front
de rue reprend le thème du pilastre plaqué
sur toute la hauteur de la façade rencontré
au collège des Jésuites anglais.
Les armes des Valbelle se retrouvent au
dessus du porche d’entrée ainsi qu’une
inscription mentionnant la part de chaque évêque
dans la création de cet hôpital.
L’ancien collège des Bons Enfants
est peut-être à l’origine de la particularité
de l’institution audomaroise qui n’accueillait,
semble t-il, que des enfants orphelins ou de parents indigents.
Un «tour» aménagé le long de la
rue Victor Luc recevait les enfants abandonnés. Accueillis
dans l’aile du fond, les garçons étaient
employés à la fabrication de pipes en terre
ou de filets de pêche. Les filles, logées dans
l’aile droite qui possède sa propre entrée,
étaient occupées à des travaux de broderie
et de couture. Cette institution existait encore au
début du XXè siècle jusqu’à
ce que l’hôpital Saint-Louis
s’y installe au lendemain de la seconde guerre mondiale.
Vers 1960, une quatrième aile vint
clore la cour dans sa partie sud tandis que les aménagements
intérieurs faisaient disparaître les dispositions
originelles. Après le départ de l’hôpital
sur le site d’Helfaut, l’ancien
hôpital général est en cours de reclassement
et devrait accueillir un pôle administratif.
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