
Construite en briques blondes, sa
façade, longue et imposante, est rythmée par
de hauts pilastres qu’égayent des guirlandes
fleuries. Dans la
seconde partie de la rue Saint-Bertin s’élève
la façade de l’ancien collège
des Jésuites anglais dont l’ordonnance
cadencée accompagne la perspective remarquable de
cette artère qui mène aux vestiges de l’abbaye
Saint-Bertin. Ses briques de sable forment un contraste
saisissant avec le rouge des briques du collège Saint-Bertin
qui lui fait suite. La construction de
ce dernier ensemble, au milieu du XIXè siècle,
perpétue trois siècles d’installation
d’établissements scolaires sur le
versant sud de cette voie qui, pour cette raison, peut être
qualifié de quartier des collèges.
A la suite des Jésuites
wallons, les Jésuites anglais
s’installent à Saint-Omer en 1593.
Cette installation n’est toutefois pas, comme cela
est le cas pour les wallons, la conséquence d’une
démarche de l’évêque en vue de
contenir la poussée de la Réforme. Avant toute
chose, les religieux anglais fuient la persécution.
La construction de leur collège à
proximité du collège wallon au début
du XVIIè siècle, traduit par contre
le passage à la phase offensive. Il s’agit
en effet désormais de former les futurs instruments
de la reconquête catholique de l’Angleterre.
Le succès et la renommée de l’établissement,
qui compte au XVIIè siècle 200 élèves,
motivent son agrandissement progressif soutenu par le roi
d’Espagne. Edifiée en 1726,
l’aile qui subsiste aujourd’hui résulte
d’une reconstruction des bâtiments anéantis
en 1685 par un incendie. De part et d’autre
du portail d’entrée, autrefois surmonté
d’un haut fronton portant le monogramme de Jésus,
se déploie la façade constituée
de 3 niveaux d’ouvertures flanquées
de pilastres d’ordre colossal à chapiteau composite.
Cette ordonnance se déroulaient de manière
continue sur les trois autres ailes autrefois agencées
autour d’une cour rectangulaire à l’arrière
du bâtiment. Devenu collège royal deux
ans avant l’expulsion des religieux, l’établissement
abrite à partir de 1793 un hôpital
militaire avant d’être rattaché,
au lendemain de la seconde guerre, au lycée
Ribot. Ces différentes affectations sont
à l’origine des transformations opérées
à l’arrière du bâtiment.
Phot.Inv.
Philippe Dapvril © Inventaire général,
ADAGP.
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