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   Phot.Inv. Philippe Dapvril © Inventaire général, ADAGP.

Construite en briques blondes, sa façade, longue et imposante, est rythmée par de hauts pilastres qu’égayent des guirlandes fleuries.

Dans la seconde partie de la rue Saint-Bertin s’élève la façade de l’ancien collège des Jésuites anglais dont l’ordonnance cadencée accompagne la perspective remarquable de cette artère qui mène aux vestiges de l’abbaye Saint-Bertin. Ses briques de sable forment un contraste saisissant avec le rouge des briques du collège Saint-Bertin qui lui fait suite. La construction de ce dernier ensemble, au milieu du XIXè siècle, perpétue trois siècles d’installation d’établissements scolaires sur le versant sud de cette voie qui, pour cette raison, peut être qualifié de quartier des collèges.

A la suite des Jésuites wallons, les Jésuites anglais s’installent à Saint-Omer en 1593. Cette installation n’est toutefois pas, comme cela est le cas pour les wallons, la conséquence d’une démarche de l’évêque en vue de contenir la poussée de la Réforme. Avant toute chose, les religieux anglais fuient la persécution. La construction de leur collège à proximité du collège wallon au début du XVIIè siècle, traduit par contre le passage à la phase offensive. Il s’agit en effet désormais de former les futurs instruments de la reconquête catholique de l’Angleterre.

Le succès et la renommée de l’établissement, qui compte au XVIIè siècle 200 élèves, motivent son agrandissement progressif soutenu par le roi d’Espagne. Edifiée en 1726, l’aile qui subsiste aujourd’hui résulte d’une reconstruction des bâtiments anéantis en 1685 par un incendie. De part et d’autre du portail d’entrée, autrefois surmonté d’un haut fronton portant le monogramme de Jésus, se déploie la façade constituée de 3 niveaux d’ouvertures flanquées de pilastres d’ordre colossal à chapiteau composite.

Cette ordonnance se déroulaient de manière continue sur les trois autres ailes autrefois agencées autour d’une cour rectangulaire à l’arrière du bâtiment. Devenu collège royal deux ans avant l’expulsion des religieux, l’établissement abrite à partir de 1793 un hôpital militaire avant d’être rattaché, au lendemain de la seconde guerre, au lycée Ribot. Ces différentes affectations sont à l’origine des transformations opérées à l’arrière du bâtiment.


 Phot.Inv. Philippe Dapvril © Inventaire général, ADAGP.

 

 


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