Construite de 1615 à
1640, d’après les plans de Jean
Du Blocq, la chapelle de l’ancien collège
des Jésuites surgit de la rue du Lycée.
Entre la cathédrale et les ruines de l’abbaye
se dresse la gigantesque façade de l’ancienne
chapelle du collège des Jésuites wallons.
Aussi vaste qu’une église, cet édifice
porte l’empreinte décorative d’un style
italianisant associé à des modes de construction
de tradition médiévale. Désaffectée
et débarrassée de tout objet mobilier, la
chapelle s’offre aujourd’hui comme une sculpture
monumentale où le véritable objet
du spectacle réside dans la découverte d’un
espace architectural.
Ses dispositions reflètent la nouvelle liturgie mise
en place par la société de Jésus
lors de sa création en 1540. Elle comprend
une nef large, sans transept, sur laquelle se greffe un
chœur peu profond et dépourvu de déambulatoire
à chapelles rayonnantes. Ce couloir de circulation,
visible à la cathédrale et devenu depuis d’usage
courant, est en réalité présent dans
l’édifice mais il se trouve séparé
du chœur par un mur. Il dessert en effet une série
d’oratoires qui étaient exclusivement réservés
aux Jésuites pour leurs méditations. Cette
paroi constitue le seul cloisonnement souhaité dans
l’église par les religieux, tout entier préoccupés
d’une proximité plus grande avec les fidèles.
Aucune séparation, aucun mobilier, si ce n’est
la chaire, ne devait en effet entraver la visibilité.
Seul organe de circulation, la nef est encadrée,
non pas de bas-côtés comme cela est le cas
à la cathédrale, mais d’une série
de chapelles destinées à l’origine aux
confessionnaux. De massives colonnes d’inspiration
antique séparent ces deux espaces. A leur sommet
court une frise sculptée composée de scènes
bibliques, de symboles ou emblèmes mystiques à
la signification savante et quelque peu hermétique.
Les cadres sculptés du second niveau ont perdu leurs
tableaux qui formaient dans la nef une véritable
galerie. L’ensemble de la chapelle bénéficie
d’une lumière abondante due à l’ampleur
des fenêtres hautes. A l’extérieur deux
tours, hautes de 40m, magnifient le sanctuaire tandis que
la façade occidentale se pare d’un pignon où
s’affirme le style baroque. Importées à
Saint-Omer par l’intermédiaire des Jésuites,
les dispositions de l’ancienne chapelle contrastent
avec les autres églises audomaroises traditionnellement
pourvues d’une tour à l’avant de la nef.
Cet édifice s’insère dans un quartier
qui fut peu à peu gagné par les Jésuites
depuis la fin du XVIè siècle.
Ceux-ci édifièrent en effet sur le versant
sud de l’église une série de bâtiments
disposés autour de trois cours et destinés
à l’enseignement. Le collège des Jésuites
wallons était considéré comme le meilleur
établissement d’enseignement secondaire des
anciens Pays-Bas français. Le quartier en a conservé
les dispositions générales et quelques constructions
encore vouées aujourd’hui à l’éducation.
Datée de 1659, l’aile accolée
à la chapelle abritait des chambres,
notamment celle du portier, et la sacristie d’où
l’on pouvait accéder directement dans l’église.
Cette aile est occupée actuellement par la
bibliothèque. Perpendiculairement à
celle-ci se trouve le dernier bâtiment édifié
par les Jésuites wallons avant leur
expulsion décidée par ordonnance
royale en 1763. Il abrite aujourd’hui
le lycée Ribot.
Phot.Inv.
Philippe Dapvril © Inventaire général,
ADAGP.
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