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 Phot.Inv. Philippe Dapvril © Inventaire général, ADAGP.


Construite de 1615 à 1640, d’après les plans de Jean Du Blocq, la chapelle de l’ancien collège des Jésuites surgit de la rue du Lycée.

Entre la cathédrale et les ruines de l’abbaye se dresse la gigantesque façade de l’ancienne chapelle du collège des Jésuites wallons. Aussi vaste qu’une église, cet édifice porte l’empreinte décorative d’un style italianisant associé à des modes de construction de tradition médiévale. Désaffectée et débarrassée de tout objet mobilier, la chapelle s’offre aujourd’hui comme une sculpture monumentale où le véritable objet du spectacle réside dans la découverte d’un espace architectural.

Ses dispositions reflètent la nouvelle liturgie mise en place par la société de Jésus lors de sa création en 1540. Elle comprend une nef large, sans transept, sur laquelle se greffe un chœur peu profond et dépourvu de déambulatoire à chapelles rayonnantes. Ce couloir de circulation, visible à la cathédrale et devenu depuis d’usage courant, est en réalité présent dans l’édifice mais il se trouve séparé du chœur par un mur. Il dessert en effet une série d’oratoires qui étaient exclusivement réservés aux Jésuites pour leurs méditations. Cette paroi constitue le seul cloisonnement souhaité dans l’église par les religieux, tout entier préoccupés d’une proximité plus grande avec les fidèles. Aucune séparation, aucun mobilier, si ce n’est la chaire, ne devait en effet entraver la visibilité. Seul organe de circulation, la nef est encadrée, non pas de bas-côtés comme cela est le cas à la cathédrale, mais d’une série de chapelles destinées à l’origine aux confessionnaux. De massives colonnes d’inspiration antique séparent ces deux espaces. A leur sommet court une frise sculptée composée de scènes bibliques, de symboles ou emblèmes mystiques à la signification savante et quelque peu hermétique. Les cadres sculptés du second niveau ont perdu leurs tableaux qui formaient dans la nef une véritable galerie. L’ensemble de la chapelle bénéficie d’une lumière abondante due à l’ampleur des fenêtres hautes. A l’extérieur deux tours, hautes de 40m, magnifient le sanctuaire tandis que la façade occidentale se pare d’un pignon où s’affirme le style baroque. Importées à Saint-Omer par l’intermédiaire des Jésuites, les dispositions de l’ancienne chapelle contrastent avec les autres églises audomaroises traditionnellement pourvues d’une tour à l’avant de la nef.

Cet édifice s’insère dans un quartier qui fut peu à peu gagné par les Jésuites depuis la fin du XVIè siècle. Ceux-ci édifièrent en effet sur le versant sud de l’église une série de bâtiments disposés autour de trois cours et destinés à l’enseignement. Le collège des Jésuites wallons était considéré comme le meilleur établissement d’enseignement secondaire des anciens Pays-Bas français. Le quartier en a conservé les dispositions générales et quelques constructions encore vouées aujourd’hui à l’éducation. Datée de 1659, l’aile accolée à la chapelle abritait des chambres, notamment celle du portier, et la sacristie d’où l’on pouvait accéder directement dans l’église. Cette aile est occupée actuellement par la bibliothèque. Perpendiculairement à celle-ci se trouve le dernier bâtiment édifié par les Jésuites wallons avant leur expulsion décidée par ordonnance royale en 1763. Il abrite aujourd’hui le lycée Ribot.

 Phot.Inv. Philippe Dapvril © Inventaire général, ADAGP.

 

 


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