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A l’aube du Moyen Age, le mont Sithieu, haut de vingt
et un mètres, n’est qu’un simple promontoire
qui domine des terres marécageuses. Une ville existe
bien, mais à quelques kilomètres au sud, à
Thérouanne. Là-bas vit au VIIe siècle
un évêque appelé Audomar, canonisé
plus tard sous le nom de saint Omer. Audomar évangélise
la région en compagnie de trois missionnaires: Bertin,
Momelin et Ebertram. |
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Ils
implantent au bas de la butte de Sithieu une abbaye dédiée
à saint Martin, puis à saint Bertin lorsque
ce dernier y est enterré et, au point culminant, une
église, future basilique Notre-Dame.
Au fil des siècles, un tissu urbain dense, percé
de plusieurs artères, relie ces deux lieux saints.
La croissance, d’abord lente, s’accélère
brusquement au Xe siècle. En cent ans, la surface de
l’emprise urbaine triple à trois reprises. |
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On
compte jusqu’à quarante mille Audomarois vers
1300.
Les
premiers siècles du millénaire sont une période
faste pour la ville. L’Aa, fleuve côtier, est
canalisé en 1165. Dans cette cité drapière
dont les franchises sont confirmées dès 1127,
l’Eglise conserve une forte emprise et entreprend
une multitude de chantiers: collégiale
Notre-Dame, églises Saint-Sépulcre
et Saint-Denis, tour de l’abbaye
Saint-Bertin. Mais, des épidémies font chuter
la population à quinze mille habitants au XVe siècle.
De 1477 à 1677, la ville fait l’objet de guerres
incessantes qui réduisent encore le nombre d’habitants.
La ville réaffirme son rôle religieux, surtout
après 1553, date de la destruction de Thérouanne
par Charles Quint et du transfert du siège épiscopal
à Saint-Omer. Bastion avancé de la reconquête
catholique, la ville accueille dans ses collèges
et séminaires de futurs missionnaires britanniques
et wallons. Le retour de Saint-Omer à la France en
1677 lui vaut un remaniement de ses fortifications par Vauban.
Le
XIXe siècle est celui des grands équipements
et de l'arrivée du chemin de fer. L’aménagement
de la Grand’Place selon un plan conçu par l’architecte
Lefranc, la construction du nouvel hôtel de ville
avec des pierres de l’ancienne église abbatiale
de Saint-Bertin, le percement de boulevards à l’emplacement
des anciennes fortifications transforment le paysage urbain.
Peu marquée par l’industrialisation, Saint-Omer
a développé ses activités administratives
et maintenu une forte densité d’établissements
d’enseignement (plus de 10 000 élèves).
Les îlots vétustes de la basse ville ont été
réhabilités tandis que le classement de la
ville haute en a préservé l’atmosphère
particulière avec ses maisons de briques jaunes et
ses pignons.
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